Le No Borders Camp, où les jeunes basketteurs suivent leur rêve

Le Peak No Borders Camp a reçu, durant une semaine, près de 65 enfants entre 11 et 17 ans. Un entraînement intensif et une aventure humaine pour de jeunes garçons et filles qui poursuivent leur rêve.

L’écho des ballons qui rebondissent sur le parquet impulse le rythme des échauffements. «- Balle au gagnant ? – Ah non, balle au perdant !», se lancent deux garçons qui s’improvisent un duel tout en transpirant à grosses gouttes. Au CREPS Île-de-France, situé à Châtenay-Malabry (92), des enfants venus d’un peu partout en France se réunissent pour apprendre. Christophe Denis, coach principal, annonce l’objectif : «Créer un contexte particulier afin que les stagiaires puissent renforcer les cinq valeurs qu’on veut afficher : le plaisir, la combativité, l’abnégation, la rigueur et la solidarité. On se sert du basket pour renforcer ces valeurs.» Au milieu des exercices de dribbles, de shoots et des matches en 3×3, trois profils ont retenu notre attention : Zach, Manon et Marie.

Zach, l’Américain

Zach, 16 ans, est originaire de l’Ohio, aux États-Unis.

Sa seule présence rend le camp international. Zach, 16 ans, est originaire du même état que LeBron James : l’Ohio. Son père travaille à Paris depuis 2017, année lors de laquelle Zach l’a suivi jusque dans l’Hexagone. «Pour moi, c’était difficile de parler français au début reconnaît Zach. Mais j’ai appris à connaître les coaches, les autres joueurs. J’arrive à leur parler en français.» Et à les dominer sur le terrain. Sa carrure imposante lui a permis d’atteindre la finale du tournoi d’1×1. Déjà présent l’an dernier, lors de la première édition, Zach note les différences : «Je parle mieux français (rires). L’année dernière, ce n’était pas aussi populaire. Maintenant, il y a plus de monde, plus de compétition, c’est plus physique.» Au point que l’Américain termine la semaine sur des béquilles, la faute à une légère blessure au pied gauche.

Zach lors de la demi-finale du tournoi 1×1.

Le jeune garçon n’a toutefois rien d’un néophyte, lui qui a commencé le basket à l’âge de 6 ans. Une passion qu’il ne doit aucunement à ses parents. «Mon père était lutteur et ma mère faisait du softball, raconte-t-il. Moi, j’adore le basket, je le regardais à la télé et je trouvais ça fun.» Entre deux rebonds offensifs arrachés, Zach n’exclut pas de tenter l’expérience d’une carrière en Europe. «J’ai déjà fait des camps de basket en Thaïlande et aux États-Unis, précise le jeune Américain. J’ai beaucoup voyagé pour le basket (rires).» Et ce n’est que le début.

Manon, la joueuse confirmée

Manon Peak No Borders Camp
Solide sur ses appuis, Manon est une redoutable défenseuse.

En observant les «grands» (14-17 ans), on s’aperçoit qu’une seule fille y figure. «Elle a été élue MVP du camp l’an dernier», indique Diana Gandega, encadrante des jeunes et ancienne internationale malienne. Elle, c’est Manon. Âgée de 15 ans, la jeune fille venue exprès de Lille a le basket dans le sang. « Je m’y suis mis grâce à ma mère, qui jouait à un certain niveau», expose-t-elle fièrement. Manon collectionne les camps de basket prestigieux, dont celui d’Émilie Gomis, championne d’Europe avec les Bleues en 2009. De par son très haut niveau de jeu, elle a été recrutée par les Flammes Carolo de Charleville-Mézières, un des meilleurs centres de formation en France.

Manon a inscrit de précieux points en finale du tournoi 3×3.

Et au No Borders Camp, Manon a rayonné. Notamment dans le tournoi 3×3 qui accapare la majeure partie de l’attention. En demi-finale, à 1:30 de la fin, elle s’élève pour un tir à 3pts clutch, faisant passer son équipe devant au score. Sur l’action suivante, elle n’hésite pas à dégaigner à mi-distance afin d’accroître l’avantage. «Je travaille plus avec les garçons, donc je pense que je progresse plus», se réjouit-elle. Vu sa défense féroce sur le porteur de balle, les garçons doivent aussi être contraints à progresser. «Reprends, reprends !» crie Manon à son coéquipier, trop loin de son adversaire direct. Ses appuis solides et son caractère ont grandement aidé son équipe à remporter le tournoi, l’installant à nouveau comme l’un des meilleurs enfants tous âges et sexes confondus du camp. De quoi déjà penser à devenir joueuse professionnelle ? «J’aimerais bien, confesse-t-elle. Il n’y en a pas beaucoup qui arrivent, mais c’est mon objectif. Et peut-être faire les équipes de France jeunes.»

Marie, la jeune prodige

Marie Peak No Borders Camp
Marie, aux côtés de Mandiaye Ndiaye et Christophe Denis.

«La petite blonde ? Elle est super forte ! Elle a déjà mon niveau.» Ils ont 15 ans, soit trois de plus que Marie, mais ils sont dithyrambiques à son sujet. Joueuse la plus petite du camp par la taille, la jeune fille a éclaboussé coaches et stagiaires de par son aisance balle en main et sa combativité. Pourtant, Marie a débuté le basket un peu plus tard que d’autres. «J’en fais depuis 4 ans, assène-t-elle avec aplomb. Ma grande sœur en faisait, j’ai essayé de faire comme elle. Avant, je faisais du tennis et je voulais un sport collectif. J’aime bien l’esprit d’équipe et j’aime bien quand ça court.» Décidée, Marie l’est aussi sur le parquet. Se fier à son visage poupon et sa chevelure de princesse serait une erreur. Sur une action en match 3×3, elle vole un ballon des mains d’un adversaire et marque aussitôt, oubliant de ressortir derrière la ligne de 3pts comme le stipule les règles. Petite mais malicieuse.

Marie attaquant le cercle lors d’un match 3×3.

Originaire du Val-d’Oise, la jeune fille n’avait jamais participé à un camp de basket de sa vie. Ce qu’elle en retient ? «Rencontrer d’autres gens plus forts que moi, ça m’aide à progresser.» Si tous les enfants se font aussi des amis, Marie pense avant tout au jeu, à l’entraînement. Les temps-morts, c’est bon pour pratiquer de nouveaux dribbles et non se reposer ! Finalement, ses efforts ne font qu’épouser son ambition débordante. «J’aimerais bien être basketteuse professionnelle, affirme-t-elle d’un timide sourire. Et quand je prendrai ma retraite, je serai coach.» Elle n’a que 12 ans et pourtant, Marie planifie déjà son après-carrière. On appelle ça la passion.

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