[NBA] Quel avenir pour les Los Angeles Lakers ?

En dépit de la venue du King LeBron James, les Los Angeles Lakers ont totalement raté leur saison et manqueront les playoffs. Si le potentiel existe sur le papier, la réalité s’avère bien plus complexe.

Lebron au côté de ses coéquipiers / @SilverScreenAndRoll

Humiliation. Voilà ce qu’a dû ressentir LeBron James au moment de se faire contrer par Mario Hezonja, au Madison Square Garden. Le King avait la balle de match dans cette mythique salle face aux New York Knicks, mais c’est un Croate de 24 ans, très décevant depuis son arrivée dans la Ligue en 2015, qui l’a arrêté. Comme un symbole de cette saison des Lakers où tout est allé de travers. La défaite face aux Knicks (124-123) flirte avec l’anecdotique, tant la franchise de Los Angeles a renoncé aux playoffs et connu moult remous. Plusieurs facteurs expliquent cet échec : les blessures (en particulier celle de LeBron), la construction discutable de l’effectif, le nom peu ronflant du coach, l’inexpérience du groupe et l’invraisemblable transfert raté d’Anthony Davis. Maintenant que la saison touche à sa fin, l’heure est venue pour les Lakers de se tourner vers l’avenir qui s’annonce bien embrumé.

À la pêche aux agents libres

Procédons dans l’ordre : qui fait ses valises le mois prochain ? Ils sont pas moins de sept joueurs dont le contrat arrive à échéance: Rajon Rondo, Kentavious Caldwell-Pope, Lance Stephenson, Reggie Bullock, Mike Muscala, Javale McGee et Tyson Chandler. En imaginant qu’aucun de ces joueurs ne prolonge l’aventure en Californie, les Lakers disposeront d’une enveloppe de 43M$ à dépenser sur le marché des agents libres cet été. Traduction : une seule grosse star pourra rejoindre la clique de LeBron James. Les objectifs se multiplient chez les Pourpre et Or en vue de l’été qui se profile, mais cette fameuse recrue s’avère le plus gros et le plus difficile à réaliser. On l’a vu, Magic Johnson et Rob Pelinka, les marionnettistes de la franchise, étaient prêts à virer la quasi intégralité de l’effectif dans le but d’obtenir Anthony Davis. Désormais, l’esprit se tourne vers un agent libre, et les possibilités ne manquent pas.

Une fois la quête d’un troisième titre consécutif terminée, les Golden State Warriors diront peut-être au revoir à plus d’un joueur majeur. Les Lakers peuvent fantasmer sur Kevin Durant, rival n° 1 de LeBron depuis sa signature à Oakland en 2016, mais Klay Thompson semble davantage réaliste. Encore faut-il le convaincre de se séparer de son Splash Brother à Golden State et quitter une franchise qui l’a drafté en 2011. Dans le cas où l’arrière des Warriors opterait pour un nouveau défi, on peut s’attendre à ce qu’il conserve ce rôle de lieutenant plutôt que de la jouer quitte ou double en devenant franchise player ailleurs. Ça tombe bien, LeBron excelle dans la mise en valeur des shooteurs à 3pts, et c’est ce dont ont manqué les Lakers cette saison. Toutefois, une telle signature risque d’engendrer un embouteillage concernant les étoiles montantes de l’équipe, à savoir Lonzo Ball, Brandon Ingram et Kyle Kuzma. Pas sûr qu’ils acceptent la venue d’un nouveau copain qui aura ses 35 minutes et sa vingtaine de shoots par match, limitant leur place pour s’épanouir. Autrement dit, quasi impossible pour les Lakers d’attirer un gros poisson sans dire adieu à l’un des trois larrons. À moins d’en reléguer un sur le banc…Voilà un problème auquel la franchise aux 16 titres NBA va se heurter avec plusieurs recrues potentielles. Et ce n’est pas le seul.

Les Clippers plus séduisants que les Lakers ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, les Lakers ne sont pas la seule équipe en NBA. D’autres franchises vont casser leur tirelire afin d’acquérir des agents libres, dont les colocataires du Staples Center : les Clippers. Malgré une dimension historique incomparable entre les deux clubs, les Clippers semblent au moins aussi séduisants que les Lakers. Ainsi, il devient moins évident pour ces derniers de se baser sur la notion de gros marché (aspect médiatique, notoriété, hors-terrain…) pour convaincre des joueurs de signer. Une autre équipe à Los Angeles en jette, et son environnement se révèle infiniment plus sain. Le coach des Clippers, Doc Rivers, n’a jamais été aussi respecté par la Ligue, notamment en raison de ses résultats avec un effectif dépourvu de stars. Aux Lakers, on ne sait pas encore qui s’assiéra sur le banc l’an prochain (voir plus bas). Enfin, les stars ne semblent pas aussi excitées de jouer aux côtés de LeBron qu’on pourrait le penser. Rude concurrence à venir lors de la free-agency. Mais revenons aux éventuels garçons disponibles.

Comme Klay Thomspon, Kyrie Irving s’est retrouvé au milieu des rumeurs. Réunion avec LeBron après trois ans de cohabitation à Cleveland ? Certes, le meneur des Celtics a récemment fait preuve de modestie et de respect dans ses déclarations envers son ancien partenaire. Mais ce n’est pas ainsi qu’Irving s’affirmerait en tant que leader. Sa décision de lever ou non son option joueur pourrait dépendre de deux facteurs : le parcours de Boston en playoffs et la probabilité qu’Anthony Davis rejoigne les C’s dès cette année. Retournons aux Lakers. Kawhi Leonard dans le viseur ? Les infos des médias américains se rejoignent toutes : si l’ailier file entre les doigts des Toronto Raptors à l’issue de la saison, il s’orientera vers la meilleure équipe de Los Angeles cette année, donc les Clippers. Reste des hypothèses telles que Kemba Walker, Jimmy Butler, Nikola Vucevic ou DeMarcus Cousins qui ne pipent mot quant à leur avenir. Quatre hommes dont l’apport est légèrement moins certain que celui d’un Leonard ou d’un Thompson pour différentes raisons (expérience en playoffs, facilité d’adaptation…). Dans l’absolu, les possibilités de mouvement aux Lakers sont infinies. Pourquoi ne pas se rabattre sur plusieurs joueurs de moins grands calibres si ces derniers se retrouvent sur le marché, comme JJ Redick ou Bojan Bogdanović ?

Franchise désespérée cherche coach respecté

Bref, la cellule de recrutement a du boulot. Et une chose est sûre, elle ne collaborera pas avec Luke Walton dont il est acté à 99 % qu’il quittera les Lakers au terme de la saison. La franchise californienne ne peut se permettre d’attendre longtemps après la mi-avril avant de désigner un coach. Pour l’heure, les noms se font rares, et c’est celui de Jason Kidd qui revient majoritairement. Son expérience aux Milwaukee Bucks 3 ans et demi durant s’est mal terminée, avec un licenciement en milieu de saison (janvier 2018). Incapable de tirer le meilleur de Giannis Antetokounmpo et sa clique, l’ancien meneur avait pourtant noué une relation privilégiée avec le Greek Freak. Sa relation avec LeBron James, un ancien coéquipier sous le maillot de Team USA, serait vitale à Los Angeles. Il y a fort à parier que le Hall of Famer se ferait plus facilement respecter que son prédécesseur.

Les fans des Lakers rêvent sûrement d’Eric Spoelstra, un des seuls hommes à avoir coaché LeBron et à être encore vivant pour en parler. Néanmoins, il paraît impensable que le Miami Heat ou le prodigieux technicien lui-même envisagent un départ. Sinon, il reste le deuxième coach à avoir remporté un titre avec LeBron James : Tyronn Lue. Certes, on avait l’impression que le Chosen One était le véritable entraîneur (et aussi GM, président, propriétaire et vendeur à la boutique souvenirs) des Cavaliers. D’autant plus qu’à l’époque, LeBron rayonnait physiquement et de par son leadership. Deux caractéristiques qui semblent décliner, même si on lui accorde largement le bénéfice du doute sur le second. Enfin, Doc Rivers a été clair quant à son futur qui s’écrira aux Clippers : «Je ne vais nul part ailleurs cet été.»

Bien sûr, d’autres détails devront être travaillés dès la fin de la saison régulière. Lonzo Ball (cheville) et Brandon Ingram (caillot sanguin) vont d’abord chercher à se refaire une santé. LeBron, lui, va vivre sa première absence des playoffs depuis 14 ans. L’occasion d’effectuer, à 34 ans, un check-up de son physique, lui qui a loupé 17 matches consécutifs sur blessure soit son record en carrière (!). Surtout, ces trois-là et Kyle Kuzma doivent trouver (créer ?) une unité afin de marcher ensemble. Le trade foireux d’un certain joueur des Pelicans a fait apparaître un nuage noir dans le vestiaire des Lakers qu’il leur faut dissiper dès maintenant, avec le coup de main à venir d’un nouveau coach. S’il y a bien une chose qu’il ne manque pas au sein de la franchise la plus médiatisée de Los Angeles, c’est du talent.

La fin de la saison régulière n’offre que peu d’intérêt côté Lakers. En revanche, l’été s’annonce bouillant avec un projet qui doit accélérer. Sans quoi le passage de LeBron James dans la mythique franchise restera comme un échec cuisant. Peu nombreux furent ceux à avoir prédit la venue du King il y a un an, et encore moins celles de Michael Beasley et Rajon Rondo. La deuxième saison de notre série préférée en NBA démarre bientôt sur nos écrans.

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