[NBA] Kyrie Irving, l’âge de raison

Kyrie Irving balle en main. / Parlons Basket

De par ses déclarations et son niveau de jeu, Kyrie Irving s’affirme comme un meneur digne de ce nom chez les Boston Celtics, au sens propre comme au figuré. L’ancien joueur des Cleveland Cavaliers a révélé s’être excusé pour son attitude auprès de LeBron James il y a quelques années.

Ils étaient attendus comme de sérieux prétendants aux Finales NBA, et donc à la domination de la conférence Est avant le début de saison. À raison. Les Boston Celtics avaient impressionné lors des derniers playoffs, ne cédant qu’au terme d’un septième match en finale de conférence face à un LeBron James surhumain. Tout cela sans Gordon Hayward, blessé toute la saison, et Kyrie Irving, à l’infirmerie dès le mois de mars. Et, logiquement, le meneur américano-australien s »impatiente devant l’irrégularité de son équipe, déjà distancée par les meilleures de l’Est. « Les jeunes ne savent pas ce que ça demande que d’être une équipe compétitive pour le titre, a-t-il lâché mi-janvier après une défaite sur le parquet du Orlando Magic (105-103), visant notamment Jaylen Brown, Jayson Tatum et Terry Rozier. S’ils pensent que c’est dur en ce moment, qu’est-ce que ça va être quand on essayera d’atteindre les Finales ?»

Des commentaires qui ne furent vraisemblablement pas du goût de Brown, qui vit sa troisième saison dans le Massachusetts : « On doit se montrer plus responsable en tant que groupe. Ce n’est pas la faute d’un seul joueur, des jeunes ou des vieux. C’est celle de tout le monde.» Difficile néanmoins de pointer Kyrie du doigt. Sa moyenne de passes décisives par match (6,8) n’a jamais été aussi haute en huit ans de carrière, tout comme son pourcentage au tir ( 49,6%) alors qu’il ajoute environ 23 points par rencontre. Surtout, Uncle Drew se montre plus clutch que jamais. Il a célébré Noël en envoyant Philadelphie au tapis (121-114) après une prolongation arrachée et dominée, avec 40 points à la clé. Puis il a meurtri les Toronto Raptors (117-108), meilleure équipe de l’Est, peu après ses fameuses déclarations polémiques, battant son record de passes décisives (18). S’en sont suivis des propos d’une autre trempe.

«La responsabilité d’être le meilleur joueur du monde et de mener son équipe n’est pas à la portée de tout le monde.»

Kyrie Irving

« J’ai appelé LeBron pour m’excuser d’avoir été ce jeune joueur qui voulait tout détenir entre ses mains et qui voulait tout à son seuil. Je voulais être celui qui nous mènerait au titre. Je voulais être le leader. Mais la responsabilité d’être le meilleur joueur du monde et de mener son équipe n’est pas à la portée de tout le monde.» La sagesse des mots d’Irving a laissé bon nombre d’observateurs pantois. Dans une tirade presque philosophique, le champion NBA 2016 a reconnu ses torts, adoucissant son regard sur les jeunes Celtics en expliquant indirectement qu’il a été à leur place. Kyrie l’a reconnu, « tirer le meilleur d’un groupe n’est pas la chose la plus facile au monde». Clairement, le natif de Melbourne n’a rien d’un leader naturel, tant il est contraint de réaffirmer ce statut par l’intermédiaire de la presse.

Malgré cela, il n’a de cesse de répondre présent sur le parquet. Comme face à Memphis, dès le lendemain de la victoire contre Toronto. Kyrie Irving a fêté son 100e match sous le maillot vert en démoralisant les Grizzlies avec 20 de ses 38 points dans le troisième quart-temps. Ils s’ajoutaient à 7 rebonds, 11 passes décisives et un excellent 14/21 aux tirs. Forcément, lorsque la sauce servie par le coach, Brad Stevens, ne prend pas comme cela semblait être le cas en 2017-2018, Irving se frustre. Car ses ambitions sont immenses. « Mon père était un super basketteur, et il a sacrifié son rêve pour que je puisse vivre le mien», révélait Kyrie dans une pub pour Nike à propos de Drederick Irving, veuf alors que son fils n’avait que 4 ans. « C’est pour lui que je porte le numéro 11. Je veux être la raison pour laquelle personne d’autre ne le portera.» Kyrie Irving n’a que 26 ans, soit de longues années devant lui avant de voir son maillot flotter au TD Garden. Mais afin d’entretenir ce rêve, il faudra des titres. Et du leadership, assurément.

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