[Interview] Nicolas Lang : « Vincent Collet a pour réputation de faire beaucoup progresser ses joueurs »

Il est de retour sur les terres qui l’ont vu naître. Nicolas Lang, né à Mulhouse, possède un attachement particulier avec l’Alsace. L’arrière shooteur retrouve cette région après avoir signé à la SIG Strasbourg, un club auquel ses parents ont joué dans les années 80. Son été, ses racines alsaciennes et sa passion pour les Warriors et Stephen Curry : Nicolas Lang se livre.

L’été pour un joueur pro, c’est forcément l’occasion de décompresser, de prendre des vacances mais aussi de travailler longuement et de mettre des choses au point. Comme s’est passé l’été pour vous ?

C’est exactement ça pour moi. Je suis resté tout le mois de juin à Lyon, à bosser avec le coach Joseph Gomis à l’ASVEL, qui est en charge du développement individuel. J’ai continué à bosser tout le mois de juin avec lui après qu’on se soit fait éliminer des playoffs. J’ai pris des vacances début juillet, une bonne quinzaine de jours où j’ai décompressé. Et à la mi-juillet, pendant 15 jours, j’ai bossé avec un préparateur physique, Martin Ngaloro, à Lyon toujours. Puis je suis arrivé sur Strasbourg début août. J’ai fait une nouvelle semaine de coupure avant la reprise.

Vous avez quitté l’ASVEL, avec qui vous avez réussi vos meilleures statistiques et décroché un titre en 2016. Est-ce que c’était votre choix de partir ou vous auriez aimé prolonger l’aventure là-bas ?

Je ne peux pas répondre car c’est une longue histoire. Je n’ai pas envie de rentrer là-dedans.

Concernant l’ASVEL, il y a eu beaucoup de nouveautés cette année, avec notamment l’annonce de la présence du club en Euroligue en 2019. Comment ça s’est passé au club et dans le vestiaire quand la nouvelle est tombée ?

Ça faisait longtemps qu’on entendait des choses là-dessus. Quand je suis arrivé à l’ASVEL (en 2015), j’avais l’impression que c’était pas forcément une question d’Euroligue ou pas, mais plutôt une question de «quand». Le jour où c’est tombé, bien sûr les gens étaient contents, mais c’était plutôt logique.

« J’adorais déjà revenir en Alsace pour jouer contre Strasbourg. »

Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi de signer à Strasbourg et pas ailleurs ?

C’est un club avec de l’ambition, qui est dans le top niveau chaque année. Et il y a un coach (ndlr : Vincent Collet) qui peut apprendre beaucoup de choses à ses joueurs. Il a pour réputation de les faire beaucoup progresser. Et puis je viens d’Alsace, c’est la cerise sur le gâteau !

Justement, vous revenez en Alsace, là où tout a commencé pour vous. Personnellement, ça représente quelque chose de fort pour vous de jouer ici ?

Bien sûr. J’adorais déjà revenir en Alsace pour jouer contre Strasbourg. Me dire qu’à chaque match, j’ai la famille qui peut venir me voir jouer… et puis l’Alsace, c’est une région que j’adore. Après, le fait que mes parents aient joué tous les deux à la SIG, c’est une histoire en plus mais bon, moi, je ne les ai pas vu jouer ici. Mais c’est vrai que c’est un joli clin d’oeil.

Vous avez signé pour un an à Strasbourg. Si tout se passe bien sportivement, est-ce que vous vous imaginez ici à moyen ou long terme ?

Tout à fait. Mais maintenant, dans le sport de haut niveau, tout peut aller très vite. Tu ne sais jamais de quoi sera fait l’avenir. Tes plans peuvent complètement changer en une semaine, que ça soit à cause de toi ou du club. S’imaginer dans un an, dans le sport de haut niveau, ça ne sert à rien. Je ne me pose pas encore ce genre de questions. Mais c’est vrai qu’être à Strasbourg, ma famille et moi on adore.

« Stephen Curry, c’est juste beau à voir. Je le regarde comme je regarderais un opéra ou un bon film. »

Il y a deux ans, vous aviez révélé dans une interview avoir failli penser à arrêter le basket en 2014 en raison d’une gastrite. Vous aviez alors perdu 10 kilos. À quel point cet épisode a-t-il été marquant dans votre carrière ?

Ce n’était pas forcément par rapport à ma gastrite, je pense que c’était plutôt par rapport à la saison galère qu’on avait vécu à Paris, avec un environnement qui n’était pas très sain. Arrêter le basket… ça fait partie de ces saisons où tu ne prends pas de plaisir, tu vas à l’entraînement à reculons, tu ne ressens plus le plaisir qui t’a fait commencer le basket. Mais je sais aussi que c’est une situation où, si tu persévères un peu, ça peut t’amener de belles choses. La preuve : un an après, j’étais champion de France avec l’ASVEL avec un rôle conséquent. Tout peut aller très vite dans un sens comme dans l’autre.

Pour finir sur un sujet plus léger, vous qui suivez la NBA, quels sont les joueurs, anciens ou actuels, qui vous inspirent et vous servent de modèles ?

Je regarde beaucoup les Warriors, parce que c’est une équipe que j’adore. Stephen Curry, Klay Thompson, ce sont des shooteurs comme moi. Curry, il fait tellement de choses sur un terrain que c’est juste beau à voir. Je le regarde comme je regarderais un opéra ou un bon film. Je n’ai pas besoin d’être un spécialiste du cinéma pour apprécier un bon film. Lui c’est pareil. Après je regarde beaucoup de matches et, quand il y a un mouvement qui me plait, j’essaye de le regarder au ralenti et de le travailler à l’entraînement ensuite. Je suis assez curieux pour m’inspirer de tout le monde.

S’il y avait un joueur, en NBA ou en Europe, avec qui vous rêveriez de faire équipe, qui est-ce que ça serait ?

(Il réfléchit) A la rigueur, ce serait plutôt des amis à moi qui jouent au basket aussi. Léo Westermann, Hugo Invernizzi, des gars comme ça que j’aimerais côtoyer au jour le jour. Après, bien sûr, une grosse star au quotidien, ça m’intéresserait de voir son éthique de travail, sa routine.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison ?

Un titre (rires). Moi, dans toutes les équipes où j’ai évolué, j’ai toujours joué la gagne. Aujourd’hui, je suis dans une équipe qui a connu de nombreuses finales ces dernières années, et si on arrivait à passer cette dernière marche cette année, ce serait génial.

Un grand merci à Nicolas Lang d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

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