[Interview] Edouard Choquet, basketteur au grand cœur

Fort d’une carrière de 12 saisons en France, entre la Pro B et la Jeep Elite (anciennement Pro A), Edouard Choquet pense au-delà du basket-ball. À 31 ans, le meneur de Fos-sur-Mer, champion de France avec l’ASVEL en 2016, évoque fièrement l’association qu’il a fondée en octobre 2018 : Grandir sous la même étoile. L’ancien joueur du Portel croit en l’éducation et cherche à rapprocher les enfants de leurs rêves. Comme lors du No Borders Camp, dont il était l’invité d’honneur. Pour All About Sport, Edouard Choquet raconte le but de son engagement, l’organisation de tournois 3×3 et son après-carrière.

Comment vous est venue l’idée de créer l’association ?

C’est venu dans le cadre de ma reconversion. L’idée est de faire des choses à côté du basket pour essayer de développer d’autres compétences et d’autres activités, notamment autour de l’éducation et du basket en général. Le fait de construire une association, c’est assez libre dans le sens où il n’y a pas forcément de business plan ou de volonté de faire de l’argent sur ce genre de projet.

C’est une idée que vous aviez depuis longtemps ?

Oui, ça me trottait dans la tête depuis une bonne année. J’avais des projets sur le travail dans les écoles, et je ne savais pas trop sous quelle forme le faire. Est-ce qu’il fallait que je crée une société ou que je m’oriente vers le côté associatif ? Finalement, j’ai choisi le côté associatif pour éviter le cadre purement business. On va essayer de faire des choses simples mais qui ont un sens par rapport à ce que j’ai envie de faire.

La place du sport est centrale dans l’association ?

Oui et non. Il y a deux gros points : le sport et l’éducation. Bien sûr, les deux peuvent souvent s’entremêler. Par exemple, au mois de juin, avec huit enfants d’une école située à Istres, on a visité une entreprise à Paris qui s’appelle Pandacraft. C’était loin du cadre sportif pur, c’était purement éducatif, dans un esprit de découverte. Il n’y a pas que le sport.

« J’ai contacté d’autres joueurs professionnels avec qui j’aimerais travailler et qui pourraient reproduire ce que je fais ailleurs dans des écoles locales, dans des clubs… »

Par le biais de l’association, il y a aussi l’organisation de tournois 3×3.

Tout à fait. Pour schématiser, il y a deux branches dans ce que je cherche à faire. L’une est éducative : je vais dans les écoles et les centres sociaux pour amener les enseignants ou les gérants à développer leur activité à travers mon asso’, en proposant du sport mais aussi des discussions, étudier des textes. L’autre branche est sportive, où il s’agit vraiment de basket. J’essaye de développer le 3×3 et le basket en général. Ça passe par la découverte dans des écoles mais aussi par la création d’événements.

Cette année, il y a eu deux tournois 3×3 à l’association. L’un caritatif pour une association qui aide les malades du cancer. Et un autre davantage sur le côté événementiel, pendant la Feria à Istres. J’habite à Istres, donc c’est plus simple (sourire). L’idée, c’est de créer un tournoi sur un lieu un peu touristique pour essayer d’attirer du monde hors du cadre basket classique. C’est l’occasion de promouvoir le sport par des événements locaux touristiques.

Vous avez sollicité l’aide d’autres personnes dans le monde du basket ?

Aujourd’hui, je fais ça avec mes amis et ma famille. Mais cette année, l’idée serait d’étendre notre champ d’action. J’ai contacté d’autres joueurs avec qui j’aimerais travailler et qui pourraient reproduire ce que je fais ailleurs dans des écoles locales, dans des clubs… J’en discute avec Damien Bouquet (Nanterre) et Théo Léon (Aix Maurienne) notamment. Ce sont des joueurs professionnels que je connais très bien, qui comprennent le message que je veux transmettre dans l’asso’ et qui, à priori, seront d’accord pour avancer là-dessus. Le but sera de faire des activités et des événements « Grandir sous la même étoile » un peu partout en France, et pas que là où je suis. Ça me permettra aussi de développer géographiquement l’asso’.

Comment gérez-vous cela tout au long de l’année à côté de votre carrière ?

Ça demande beaucoup d’organisation parce qu’il faut prendre sur son temps libre notamment. Après, dans une journée, on en a quand même pas mal. On s’entraîne une à deux fois par jour. Il faut juste organiser son temps de façon à peut-être moins se reposer ou à avoir moins de « loisirs » pour faire ces activités. Mais à partir du moment où ça me plaît, l’organisation du temps est assez jouable.

(Sur son après-carrière) « C’est sûr que l’association, j’aurai toujours envie de la développer. Je l’ai créée et ça me plaît beaucoup de m’en occuper. Après, ça ne me permettra pas de gagner ma vie. Travailler dans le basket, en tant que dirigeant par exemple…« 

Vous êtes aussi le parrain de l’association « Mon moral en couleurs ». Comment en êtes-vous devenu le parrain ?

Cette association est basée à Istres. Elle a pour vocation d’aider les malades du cancer. Ça m’intéressait de par mon histoire personnelle, j’ai perdu mon papa malade du cancer. Je les ai connu par un ami qui y travaille. Ils cherchaient une figure locale pour promouvoir leur association. On a essayé de développer des projets basket, notamment de faire venir des personnes de l’association qui sont malades à des matches. Ça a commencé comme ça. Ça les sortait un peu de leur cadre classique hôpital /médecins. Dans la foulée, par mon asso’, on a essayé de développer un tournoi 3×3 où les personnes de l’asso’ peuvent être bénévoles et nous aider pendant le tournoi. Et en plus de ça, les fonds récoltés vont directement à l’asso’ pour leurs projets futurs. C’est donc comme ça que je parraine l’association.

Après votre carrière, vous aimeriez rester dans le basket ou plutôt vous consacrer à ces projets associatifs ?

Je pense que je pourrais cumuler les deux. C’est sûr que l’association, j’aurai toujours envie de la développer. Je l’ai créée et ça me plaît beaucoup de m’en occuper. Après, ça ne me permettra pas de gagner ma vie. Travailler dans le basket, en tant que dirigeant par exemple… Il y a plein d’options auxquelles je réfléchis. C’est aussi pour ça que j’ai continué mes études (Il est en Master 2 marketing et développement commercial, ndlr), pour avoir ce bagage universitaire qui me donnera du crédit à terme. Il y a ce que j’ai fait sur le terrain, mais c’est aussi important d’avoir cette expérience universitaire, apprendre des choses en management, en gestion d’entreprise. C’est pour ça que j’ai continué mes études malgré mon âge avancé. (rires)

Un grand merci à Edouard Choquet pour sa disponibilité.

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